Tam’85 – Zaouatallaz – Djanet- Episode 10 - MotoTrail - Tam’85 – Zaouatallaz – Djanet- Episode 10

Tam’85 – Zaouatallaz – Djanet- Episode 10

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Il fait encore frais le matin au réveil, et il est d’autant plus difficile de sortir du sac de couchage que malgré une bonne douzaine d’heure de sommeil, les organismes sont fatigués. Il faut dire que la journée d’hier a été très difficile avec une piste très cassante.

Le petit rituel du matin reprend son cours, un petit café, deux biscuits au chocolat, remballage du couchage, nous n’oublions pas non plus de remplir les gourdes d’au et tout le monde est près à partir.

Malgré cette longue nuit passée sur un lit de cailloux, ce matin je ne souffre pas trop de mon dos, je dois simplement faire bien attention à mes mouvements et éviter les chocs trop violents ainsi que les torsions.

Je vais devoir m’habituer et gérer le physique du bonhomme, il reste encore un paquet de km à faire avant le retour et la majeur partie sera de la piste. Consciemment je me conditionne et mon moral remonte, je me rassure en me disant que j’ai plutôt bien négocié la partie d’hier qui était le juge de paix.

Deux coups de kick à vide, starter, point mort haut bien calé, un bon coup de botte et hop Miss Ténéré me fait entendre son doux poum poum si réconfortant.

Il commence à se passer un truc entre ma moto et moi, une saine cohabitation ajoutée à une confiance mutuelle nous unis dans cette aventure. Pleine de sable et de poussière et un peu tordu de l’avant, je lui trouve un charme de baroudeuse et ne l’échangerai pour rien au monde à cet instant précis.

Une piste facile se déroule maintenant devant nous, de longues portions de sable ocre sont de plus en plus présentes. Bien calé sur mes reposes pieds, le cul en arrière, je tire sur le guidon et accélère de plus en plus franchement, ce n’est pas de tout repos mais je prends un réel plaisir à piloter et à surfer sur cet élément meuble et doux qui absorbe tous les bruits mécaniques.

Nous arrivons au petit village de Zaouatallaz et faisons une halte près du puits et de suite une multitude de gamins arrivent en courant. Ils sont tout sourire de nous voir, sont un peu timides et même effrayés pour certains, mais ils ont vite fait de nous adopter à grands renforts de sourires, grimaces et grands saluts.

Ils nous montrent leurs jouets et tentons d’échanger un peu avec eux par des gestes car nous ne parlons pas leur langue. Nous sommes déjà bien au sud et la couleur de leur peau est bien plus noire à présent.

Valéry a pris un guide pour nous conduire jusqu’aux gravures rupestres, ce petit détour à presque l’air d’une petite balade traditionnelle organisée. Les appareils de photos crépitent, nous admirons et sommes interloqués de trouver ces belles gravures par ici « Mystères d’un autre temps »

Nous reprenons la piste et arrivons dans un paysage absolument sublime, la couleur du sable à changé et les roches et rochers ont des formes très variés, le vent et le sable ont façonné cet univers minéral, créant aussi de très belles arches naturelles. Nous ne pouvons que nous émerveiller devant tant de beauté, le silence y apportant une touche toute particulière.

Mais il est déjà temps de repartir, une petite centaine de km plus loin nous apercevons le faubourg de Djanet ou nous ferons un break d’une journée.

Djanet, nom magique, nom mythique pour moi, petite ville saharienne perdue au fin fond de l’Algérie. Nous trouvons vite fait le camping qui nous servira de base, cela fait vraiment du bien de retrouver un peu de civilisation et de confort après ces cinq, six jours de pistes.

Les huttes sont bien sommaires mais elles suffisent amplement à notre bonheur.
La journée de demain est réservée à la mécanique, mais ce soir c’est une bonne douche tant attendue qui nous fait le plus grand bien, un peu de lessive également (il était temps) et nous filons nous promener en ville à la recherche de la poste et d’une cabine téléphonique pour tenter de donner des nouvelles à nos familles.

Cela fait bientôt dix jours que nous sommes partis sans donner de nouvelles. Les communications sont très aléatoires et celui qui réussis à joindre quelqu’un en France a pour mission de donner des nouvelles de tout le monde (en fait c’est le principe du téléphone arabe….et ça marche !)

Nous dégottons un petit restaurant, ce sera couscous poulet et coca tiède sans oublier le thé à la menthe qui ici à une saveur toute particulière.

Mais le nuit tombe déjà et nous filons au camping où Morphée nous tend les bras.

Nous sommes réveillés au petit matin par le gazouillis de centaines de petits oiseaux qui font un petit vacarme bien agréable malgré tout.

Chacun vaque tranquillement à sa tâche. Pour ma part j’entreprends le démontage du guidon pour échange car suite à ma gamelle mémorable tout était tordu.

En comparant les deux guidons, je me rends compte qu’ils sont absolument identiques, aussi droits l’un que l’autre !!! Je ne comprends pas bien, demande conseil autour de moi et nous nous apercevons que ce ne sont simplement les tubes de fourches qui ont bougé dans les Tés. Desserrage, alignement, resserrage et hop tout rentre dans l’ordre.

Mon manque d’expérience en mécanique est encore une fois flagrant, mais il faut bien apprendre un jour. La suite de l’entretien se résume au nettoyage du filtre à air, niveau d’huile, contrôle visserie générale ainsi que tensions des rayons.

Bilan rien à bougé, décidément cette Ténéré c’est du béton, je vais donc continuer à la chouchouter car après tout c’est ma compagne de voyage et elle accepte sans broncher tous les mauvais traitements infligés par la piste.

Mon ami Yves en profite aussi pour faire sa Nième vidange journalière sur son Aprilia, mais à force de serrer et desserrer le bouchon de vidange, le pas de vis a foiré, il va falloir le bloquer définitivement. Il n’y a pas d’autre solution que d’ouvrir le carter moteur pour pouvoir sortir l’huile.

Yves achète une petite bassine en plastique et la transportera avec un bidon d’huile dans son sac à dos pour la suite du voyage. Sacré gaillard ce mec, toujours cool et souriant…..trop fort !

Mécanique terminée, linge lavé et mis à sécher, j’en profite pour faire un petit tour dans le camping, il y a très peu de monde et les seuls baroudeurs présents ici sont des allemands avec un beau Land Rover bien équipé.

Un peu plus loin j’aperçois un vieux Range Rover un peu bancal et au premier coup d’œil à ses côtés, j’ai bien du mal à déterminer quel est cet étrange véhicule rouge.

En y regardant de plus près je comprends qu’il s’agit d’un assemblage maison entre un museau de Toyata BJ et d’un Combi VW lui même coupé en deux et se terminant en pick up baché…..ouffffffffffffffff.

C’est déjà la fin de la journée, petit briefing avec le boss, une grosse partie nous attend à partir de demain, 700 km > direction TAMANRASSET via Idelès et l’Assekrem où nous irons visiter l’ermitage du père Foucault.

Que des noms et des lieux magiques et mythiques qui hantent mes rêves.

Mais il est temps de dormir maintenant, youpi je vais plonger dans mes rêves, avant d’y aller demain,

Peut être !!!!


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