Tam’85 – Tunis – El Oued – Toggourt – Episode 5 - MotoTrail - Tam’85 – Tunis – El Oued – Toggourt – Episode 5

Tam’85 – Tunis – El Oued – Toggourt – Episode 5

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La carte Michelin coincée dans la plaque phare, nous roulons en petit groupe et fixons des points de rendez vous histoire de ne pas nous perdre (pas de CB et encore moins de gsm). Nous descendons Cap 180 plein sud direction Kairouan grande ville Tunisienne bien grouillante, puis nous obliquons à l’Ouest direction Gafsa.

La température s’est considérablement radoucie, il ne pleut plus, nous rangeons donc définitivement nos combinaisons de pluie.

Ce trajet nous permet de nous adapter aux règles de circulation tout à fait spécifique au pays, ou il n’est pas rare de croiser bon nombre de charrettes attelées à de bons vieux bourricots ou mulets.
Une multitude de 404 Pijot sillonnent inlassablement les routes avec des chargements aussi hétéroclites que surprenants, allant du transport de passagers, à celui de dromadaires dont les têtes ondulent au gré des secousses de la route.

De cagettes de légumes et fruits de toutes les couleurs ainsi que toutes sortes de matériel allant des bidons en plastique, tuyaux font parti du transport journalier de ces centaines de voitures qui roulent et dégagent de gros nuages de fumée qui piquent bien les narines.

Au bout de 450 km sans encombres, nous arrivons dans la région de Tozeur, déjà les paysages ont changé, celui-ci devient plus désertique et la végétation a diminué d’intensité, le climat saharien doit commencer à prodiguer ses effets par ici.

Après cette bonne journée de route, nous poussons jusqu’à Nefta qui sera notre premier dodo sur le sol Tunisien. Nous serons accueillis sous le préau d’une école ou nous établirons notre premier bivouac. Tous ensemble nous partirons à pieds (en bottes pour certains et en baskets pour d’autres plus malins) nous faire un petit resto Couscous bien évidement.

Une petite anecdote me revient à l’esprit. Sirotant un Thé à la menthe à la terrasse d’un bistrot, d’un seul coup nous entendons le muezzin faire l’appel à la prière, et le gaillard se donne un mal de fou à appeler ses disciples à la prière, tant et si bien qu’à un certain moment celui-ci s’égosille et se met à tousser comme un damné dans son micro, tout cela bien entendu relayé dans les hauts parleur de sa sono. Énorme crise de rire de nous tous et j’en pleure encore de rire rien qu’en y pensant.

Après cette bonne nuit de sommeil, nous repartons très tôt avec comme objectif premier, le passage de la frontière dans les environs de El Oued. Nous arrivons rapidement devant une petite baraque qui sert de poste de douane, l’accueil est plutôt sympathique mais sans excès, un contrôle sommaire des bagages quelques fiches à remplir et un milliards de coups de tampons plus tard nous passerons sans difficultés cette frontière, mais cela nous aura pris quand même 3 ou 4 heures, pas trop pressés les douaniers.

A cette époque là, il y avait un change obligatoire pas très favorable à faire de 1000 frs il me semble et la ruse était de changer ce minimum et après de faire le change de l’argent nécessaire au noir pour la poursuite du voyage.
Nous étions tous au courant de cette pratique et aussi il fallait trouver une cache sûre pour l’argent passé en douce. La solution retenue était de faire un petit rouleau de billet et de le cacher dans le guidon en démontant la poignée de gauche, chose que nous avons tous fait.

Nous sautons sur nos motos et 100 km plus loin nous arrivons à Toggourt, lieu de notre deuxième halte nocturne. Nous dormirons dans un hôtel simple et plutôt correct et se sera notre dernière douche avant Djanet soit dans 4 ou 5 jours.

Je me rappelle avoir discuté avec le gérant de l’hôtel qui était propriété de l’état il me semble, bien qu’ayant l’argent pour s’acheter une voiture, il devait attendre 7 ou 8 ans avant de pouvoir l’avoir car il y avait une liste d’attente, chose que nous avons beaucoup de mal à concevoir et comprendre de nos jours.

Le désert est bien là autour de nous et c’est heureux et excité que nous nous endormons avant d’attaquer demain presque 1000 km de route car seulement après les pistes de sables et cailloux seront notre quotidien.


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