Tam’85 – Toggourt – Hassi Messaoud – Episode 6 - MotoTrail - Tam’85 – Toggourt – Hassi Messaoud – Episode 6

Tam’85 – Toggourt – Hassi Messaoud – Episode 6

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Petit rappel des épisodes précédents : Nous avons traversé la Tunisie du nord au sud puis passé la frontière à El Oued pour descendre plein sud sur Djanet et Tamanrasset. 10 motos et 2 Land Rover d’assistance composent ce convoi.

Debout aux aurores, réservoirs remplis à bloc, niveaux d’huiles contrôlés nous nous mettons en route pour plus de 1000 km que nous devons faire en deux jours.

L’organisateur nous prévient que ce sera de très très longues lignes droites de bitume en plein milieu du désert, rien ne nous fait peu car au fur et à mesure que nous nous enfonçons dans ce beau pays qu’est l’Algérie, chacun de nous est entré à fond dans le mode voyage et baroud.

La notion de temps a changé, les minutes et les heures sont remplacées par les levers et couchers de soleil magnifiques. Une certaine plénitude règne au sein du groupe.

Le convoi s’étire sur plusieurs dizaines de kilomètre, impossible de se perdre. Plusieurs groupes de motos se font, les deux KTM Boys roulent en tête très loin devant toujours solitaires et peu intégrés.

La Honda 600 et la Suzuki 600DR roulent aussi ensemble, tandis que moi je fais l’élastique entre la tête du peloton et les copains qui suivent tranquillement derrière. Il faut dire que toute cette bande n’est pas au mieux sur ce type de parcours, en effet la petite Aprilia 250 Tuareg 2 temps doit ménager son petit moteur, tandis que les deux 500CR équipées de Bib mousse s’obligent à ne pas dépasser le 80 km/h sous peine de faire fondre ceux-ci. Reste les deux 350XR qui par solidarité ferment la marche précédant les deux Land Rover d’assistance.

La pause de midi se fera au cul des Land, au menu pain de mie, sardines et thon, quelques gorgées d’au et hop en route. Le reste de l’après midi sera monotone au niveau du paysages mais dans ma tête je me fais un tas de films et je savoure chaque instants avec beaucoup d’émotions et de bonheur.

Le soleil commence à décliner, aussi nous décidons de nous arrêter et de planter le bivouac. Nous quittons la piste de quelques centaines de mètres et en plein milieu de rien sur un terrain plat comme la main, nous béquillons nos motos, petit check mécanique, nous déroulons nos sacs de couchage, préparons nos affaires pour le dodo.

Mais déjà l’heure de la gamelle approche, c’est notre G O qui s’occupe de l’intendance et il en sera ainsi tout au long du voyage. Nous sommes dix motards affamés dont quelques solides gaillards bien en chair. Au menu deux tranches de pain par personne, une petite boite de pâté pour deux et deux rondelles d’ananas clôtureront ce repas frugal, inutile de dire que ce n’est pas ce soir que nous ferons une crise de foie.

Nous discutons un peu, mais déjà la fraicheur de la nuit associée à une vraie bonne fatigue fait que chacun s’empresse d’aller bien au chaud chercher les bras de Morphée sous un magnifique clair de lune. Il fait totalement nuit quand des ombres munies de lampes frontales s’éloignent silencieusement avec un rouleau de papier rose à la main, chacun ira déposer crottes où bon lui semble, ce n’est pas la place qu’il manque.

Pour ma part je m’endormirai sous ce ciel de dix milliards d’étoiles, cette chambre d’hôtel sera mienne pour les quinze jours à venir.

Aux premières lueurs de l’aube, nous sommes réveillés par un petit vent frais et d’un seul coup une explosion de rires finie de sortir de la torpeur de la nuit ceux qui étaient encore dans leurs rêves. Et là nous nous apercevons que ce petit vent malin du matin à ramener et coller dans les rayons des roues de deux ou trois motos quelques longueurs de papier bien moins rose qu’a l’origine. Je vous laisse imaginer la suite de l’histoire, j’en pleure encore de rire.

Mais déjà une bonne odeur de café se fait sentir et chacun s’empresse de remplir sa tasse, deux biscuits au chocolat feront notre petit déjeuner.

Chacun repli ses affaires, les sacs sautent sur la galerie du Land, quelques coups de kick, nous ajustons nos lunettes et c’est reparti pour une nouvelle chevauchée fantastique.

Direction Hassi Bel Guebbour toujours Cap 180 et c’est là que les ennuis vont commencer.
Mais ça c’est une autre histoire, rendez vous demain pour la suite.


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