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Tam’85 – Marseille – Tunis – Episode 4

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Après plus de 500 km à rouler en convoi, les dix motos rutilantes accompagnées de nos deux Saint Bernard arrivent enfin au port de Marseille

C’est une première pour moi et pour tous mes collègues aussi une certaine fierté mêlée à un peu d’appréhension est palpable et chacun est concentré et écoute avec attention notre G O Valéry.

A la queue leuleu nous suivons Le Land du chef tandis que Michel ferme la marche avec le sien et veille à ce que tout le monde soit là. Nous zigzagons dans les rues de Marseille sous le regard bienveillant des passants et soudain le port apparait avec une multitude de bateaux, paquebots et porte containers.

Notre bateau s’appelle le TIPAZA.

A la vue de ce nom sur la proue du bateau, je ne peux m’empêcher de me remémorer tous les reportages que j’ai vu et revu à la télé et dans les revues que je dévore depuis quelques années déjà, les secrets et autres petites histoires du Dakar commencent toutes sur ce bateau, qui chaque hiver livre sa cargaison d’aventuriers en 4×4, motos et camions en tout genre sur les pistes du rallye Paris Dakar.

Je me rappelle en particulier l’interview de Jacky Ickx et Claude Brasseur, assis au milieu du salon écoutant religieusement Thierry Sabine faisant son premier briefing mettant en garde les concurrents quant à leur conduite à tenir vis-à-vis des africains qui les accueillent chaleureusement.

Et me voilà, moi petit Jean Louis Querel, n’ayant jamais mis un crampon dans la boue et encore moins dans le sable, oui me voilà sur ce bateau légendaire en lieu et place de toutes ces légendes du Paris Dakar, à cet instant précis je me sens tout petit mais une joie immense m’envahit et il me tarde de sentir les parfums de l’Afrique.

Mais avant de sentir le parfum du sable chaud, mille autres parfums frelatés aiguiseront mon odorant tout au long de la traversée.

L’embarquement se fera sans problème et nous assisterons à des arrivées de véhicules chargés à l’africaine (image connues de nos jours) et j’ai particulièrement en souvenir une pauvre 4L avec un chargement de deux fois son volume sur le toit avec une garde au sol frôlant les 25mm, sur la longue rampe d’accès dans un dernier soupir et avec une grosse fumée, l’embrayage lâchera, et ce sera grâce à une bonne dizaine de motards que cette pauvre voiture arrivera enfin dans la calle du bateau, Mohamed et toute sa descendance doit encore nous remercier à ce jour.

Nous voyagerons en classe éco, donc pas de cabine individuelle, mais des cabines de six ou huit couchettes bien au fond du bateau, très difficile à trouver sans road book (le GPS n’existait pas encore) et même si les places sont réservées, chacun s’installe ou bon lui semble.

Après avoir tenté d’occuper ma place en compagnie d’une famille de douze ou treize personnes, je décide de m’enfuir, impossible de supporter cet endroit surchauffé, bruyant et d’une hygiène toute relative et je vous fais grâce de l’état des toilettes (ceux qui ont été au Magreb comprendront) et comble de malheur la traversée sera très agitée et de très nombreuses peaux de renards garniront les toilettes, douches, couloirs et endroits de passage.

Finalement j’opterais pour mon installation de bivouac maritime sur un tas de sacs et tapis du bled dans un couloir assez tranquille. J’ai eu de la chance il n’y a pas eu d’attaques de renards cette nuit là et même pas de fennec non plus ouf….je suis encore vivant.

Le temps s’écoule doucement, nous faisons connaissance les uns des autres et déjà des petits groupes d’affinités se forment, les deux Parisiens KTM boys ensemble, La DR et la XLR ensemble et moi le petit nouveau je suis adopté par le bande d’enduristes de Moulins.

Nous passerons aussi une grosse demi journée à faire la queue et pour faire signer nos papiers et tamponner nos passeports et finalement 36 heures plus tard le port de la Goulette à Tunis est en vue, soulagement dans les rangs, ouf bientôt de l’air frais et bien non, un autre supplice nous attend encore.

Alors que nous sommes dans les calles à la demande de l’équipage, tous les conducteurs mettent le moteur de leurs vieilles voitures en route et à grands coups d’accélérateurs emplissent de gaz d’échappement à une vitesse incroyable la totalité de la soute à véhicules, l’atmosphère est irrespirable, la gorge et les yeux piquent, notre salut viendra de l’ouverture de la porte du bateau et tel une petite souris je me faufilerai dehors à l’air libre….

Ouf je suis toujours vivant.

Ca y est, je suis en Afrique, si si, j’y suis, je ne rêve pas mais…… il pleut et il fait froid et zut je n’avais pas prévu ça moi, je pensais qu’en Afrique il faisait toujours beau, comme à la télé. Bon je suis un peu dégouté mais tant pis faut faire avec et puis coup de chance j’ai encore ma combar de pluie sur la moto, je serais bien content de l’avoir car pendant quelques jours, elle me tiendra bien chaud les matins pendant les premières heures de roulage.

Au bout de quelques temps toute l’équipe sort du bateau, les consignes de roulage sont données, gaffe aux route glissantes avec nos pneus désert et gaffe aussi à la circulation folklorique de nos amis tunisiens.

Et…… bien la suite demain les p’tits loups, bonne nuit, faites de beaux rêves.


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