Tam’85 – Hassi Bel Guebbour – In Aménas – Episode 7 - MotoTrail - Tam’85 – Hassi Bel Guebbour – In Aménas – Episode 7

Tam’85 – Hassi Bel Guebbour – In Aménas – Episode 7

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Les moteurs de nos motos ronronnent à l’unisson et le petit moteur de l’aprilia semble fumer un peu plus, peut être une simple impression.

Le long ruban de bitume noir coupe le désert en deux, de part et d’autres les dunes ocre se font de plus en plus présentes. Jusqu’à présent nous n’avons pas eu très chaud, mais maintenant la chaleur se fait plus présente et le vent chaud me pique les yeux tandis que ma gorge se dessèche de plus en plus rapidement. Je fais de plus en plus souvent de mini arrêt afin de me désaltérer avec l’eau tiède de ma gourde.

Afin de compenser un peu l’ennui de cette route, je commence à rouler sur le bord de la piste qui longe la route, tout doucement au début et puis le rythme s’accélère. Etant vraiment novice en TT et bien que l’ayant lu et relu dans les bouquins, je n’arrive pas à lever mes fesses de la selle, j’ai peur, ça bouge dans tous les sens et je suis crispé au point d’avoir les mais et bras qui se tétanisent. Les km passent et finalement, je commence à me détendre et à m’habituer, ça y est, je suis le king de la piste….Youpi….mais nous en reparlerons plus tard.

Enfin un repère, un simple panneau signalétique nous indique
« Hassi Bel guebbour 60 km » c’est incroyable comme une simple indication comme celle-ci peut vous raccrocher à la réalité de la distance à parcourir.

Il est prévu d’y faire les pleins au taquet et de faire une bonne pause, car cela fait bien trois bonnes heures que nous roulons tout droit au milieu de rien sous un soleil de plomb.

Quelle surprise et déception en arrivant, nous pensions tomber sur un petit bled avec quelques échoppes, mais non rien, absolument rien, une simple station essence avec deux ou trois pompes et un Algéco, ambiance surréaliste pour le débutant voyageur que je suis.

Pas très loin, j’aperçois une toute petite cabane en pierre recouverte d’une tôle ondulée, un gaillard me fais signe, ni une ni deux nous voila accueillis à bras ouverts par le cafetier, parce que c’est bien d’un café qu’il s’agit. Il fait une chaleur étouffante à l’intérieur et apercevant un coffre congélateur, je m’empresse de lui commander une boisson bien fraiche, car je bois de l’eau tiède depuis quelques jours déjà et je me réjouis à l’idée de glacer mon gosier.

Cruelle désillusion, le coca sera aussi tiède que l’eau de ma gourde car il n’y a pas d’électricité dans cette cabane. Bon tant pis et tant qu’à être là j’achète un paquet de biscuits fourrés au chocolat et là, deuxième surprise la farine a dû être remplacé par du sable tant ceux-ci sont secs et sans saveur.

Les pleins faits, nous sommes sur le point de repartir quand nous sommes interpellés par Yves notre véto belge, sa moto semble avoir des problèmes. Aussitôt le Master mécanicien DAFFIX Jean François intervient et au bout de quelque temps le verdict tombe, c’est un problème de mélange eau-huile de boite (il me semble) le joint spi de la pompe à eau ne remplit plus son rôle.

Aie aie, nous sommes encore à 400 km d’In Aménas notre point d’arrivée du soir, la journée est déjà bien entamée et la petite moto ne pourra pas tenir cette distance. Un long conciliabule s’ensuit, les Land sont déjà en surcharge, il n’est donc pas possible de charger la moto sur les voitures. Tirer la moto derrière un 4×4 s’avère trop dangereux. La seule solution consiste à tirer la moto par une autre moto. Les deux KTM boys étant déjà repartis, il ne reste que la Honda 600, le 660 DR et ma Ténéré pour faire le job, devant le peu d’empressement des deux autres gaillards, je me porte volontaire. Nous accrochons la petite Aprilia derrière ma moto à l’aide d’une corde et décidons de partir ainsi.

Le tout premier démarrage se solde pour moi par une chute à l’arrêt, car notre manque de maitrise a fait que nous n’avons pas donné un petit peu d’élan au véhicule remorqué. Second essai et nous partons tout doucement au début et puis le rythme augmente doucement, nous roulons à 80km/h et je me retourne sans cesse pour voir si Yves n’est pas trop à la dérive et à chaque fois je vois son pouce se lever me faisant signe que tout va bien.

Tout va bien jusqu’au moment ou des bancs de sable commencent à couper la route, gloups !!! C’est la première fois que je vais faire ça et avec en plus une moto accrocher derrière moi. Le début des emmerdes commencent, à chaque ralentissement puis accélération la corde se détend et se retend violemment, occasionnant de très grosses secousses risquant de me mettre parterre.

Nous venons de parcourir 100 km environ, il en reste 300, la fin de journée s’annonce longue et à cette vitesse là, nous arriverons de nuit, rien de très réjouissant.

Dans la discussion je fais part à Yves d’un souvenir qui me revient. Ayant lu le récit du DAKAR 81 ou 82 de Gilles DESHEULLES et Bernard RIGONI, l’un tirant l’autre avec une chambre à air et arrivant à l’étape au petit matin, moteur de la Husky cassé.

Yves me fait remarquer que c’est une excellente idée et dans la foulée nous sortons une chambre à air qui fera office d’amortisseur de traction, coupons la corde en deux et hop, le tour est joué.

Nous repartons de plus belle et cette solution s’avère tout à fait sûre et confortable avec pour moi l’impression d’être assis sur une moto élastique.

Mais le jour décline et la visibilité décroit, cela devient vite un problème, Yves ne pouvant plus anticiper les passages sablonneux, car pas de moteur égal pas de lumière. Nous adoptons un code, dès que je me lève sur la moto cela signifie qu’il y a du sable à traverser, lui fait de même et tout se passe plutôt bien.
Quelques petites frayeurs viendront alimenter la discussion le soir au bivouac.

(Je me remémore souvent cet épisode de ce voyage, et je m’imagine plus de trente ans plus tard, tirer une autre moto sur nos nationales et petites routes pendant 400 km, pas évident à refaire hein !!! mais bon le contexte est différent)

La nuit est bien noire quand nous arrivons, nous plantons le bivouac dans le jardin du poste de police, nous sommes tous bien fatigués, Yves s’attèle de suite au démontage de son moteur, je vérifie mon niveau d’huile et rajoute un bon demi litre, j’ai roulé quasi à fond de 4 pendant 400 km, costaud le moteur de Miss Ténéré.

Une des deux XR350 fait un bruit moteur inquiétant, après vérification, il manque de l’huile dans le carter, le petit moulin n’a pas supporté les 1500 km de route, nous suspectons un coup de chaud sur le pied de bielle.

Nous ne pouvons plus rien faire cette nuit, demain est un autre jour et de plus nous sommes dans une ville assez importante, nous trouverons une solution demain.

Inch’Allah


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