Une thalasso en Champagne - MotoTrail - Une thalasso en Champagne

Une thalasso en Champagne

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Avec Thomas et Xavier, nous avons décider de participer à la balade Trans’Champenoise organisée par le moto club d’Epernay.

Comme les contrôles administratifs se font le matin entre 7h30 et 9h, c’est la veille que nous nous rejoindrons à Epernay.

Le vendredi soir après le boulot, je finis mon paquetage et charge la moto, pour l’occasion je prendrais la sauterelle, en l’occurrence la Husqvarna 701 Enduro. 19 heures, la moto et moi sommes prêt à partir. Groumph, la balade est prévue pour dimanche. Bon ben je vais attendre du coup.

Samedi matin, debout 6h30, je suis toujours aussi prêt à partir, 220 km et 4 heures par les petites routes, si je pars maintenant, je vais être un poil en avance. Bref ma matinée se passera à tourner en rond chez moi.

DING ! Ah ! un message sur Messenger, c’est Thomas qui dit que Xav n’a pas eu son pneu arrière, je connais un bouclard Yamaha qui fait aussi dans l’enduro, je dis donc que je passerais voir si ils ont ce qu’il faut. Il est 11h30, le temps de me préparer et de partir il sera midi et le magasin sera fermé, réouverture à 14h. Bref j’ai encore 2 heures à tuer, je vais pouvoir améliorer mon record au tour en rond.

Quelques minutes plus tard, autre message de Thomas qui a trouvé le bonheur de Xav chez un bouclard qui est sur leur route. Bref il me libère de mon attente interminable. Je saute dans ma combi tel X-or qui revêt son scaphandre de combat, mais comme il ne m’a pas fallut 5 centième de seconde, on ne reverra pas l’action au ralenti.

En route ! N’ayant pas de support GPS sur la 701, je me guiderais avec l’application OsmAnd sur téléphone, lui même sur une batterie externe le tout dans le sac de guidon. Rien de visible donc, seul une petite voix dans ma tête me dira par ou il faut tourner. Bon c’est pas mal mais parfois trop d’indication tue l’indication, du genre « entrez dans le rond point, prenez la troisième sortie dans l’avenue Du 89 ème régiment d’infanterie puis tournez à droite », quand t’es concentré sur la circulation tu ne retiens que « tournez à droite » et donc tu pars n’importe ou.

16h30 j’arrive à destination, un trajet effectué d’une traite. La selle « confort » c’est bien mais 4 heures non stop c’est la limite (et encore j’avais un short de cycliste !).

Petite vérification sur Messenger, Thomas m’annonce qu’ils sont partit il y 35 minutes avec une arrivée prévue vers 19h. Bon ben du coup j’ai encore du temps, je vais aller faire un petit tour en ville profiter du beau soleil et repérer un éventuel resto pour le soir.

Champagne de Castellane, les gorges du Verdon ne sont plus très loin 🙂

Un curé renommé

Vous choisirez l’hôtel Moët ?

Ou l’hôtel Chandon ?

Champagne Boizel

19h20, Thomas et Xavier arrivent en camionette. Ni une ni deux, ils ont déjà sorti tout le matos, ils vont changer le pneu arrière des deux motos.

A peine arrivé, ils foutent déjà le b*rdel

Oui c’est un pneu rond et noir, ca ira sur ma brèle…

Finission à la frontale

Les deux changements se passent sans problème, devant les regards éberlués des quelques résidents de l’hôtel. 21h20 les pneus sont changés et tout est rangé, y a plus qu’à aller au resto. On remonte fissa la belle avenue de Champagne pour se terminer dans une brasserie qui acceptera encore de nous servir, on sera d’ailleurs les derniers à manger. Après un bon repas, retour à l’hôtel et dodo.

Dimanche matin, debout, douche et Thomas se précipite pour sortir les motos, changer son filtre à air et serrer les pare main de la moto de Xavier.

Petit déjeuner en tenue de bal avalé en deux temps trois mouvements, gaz direction le point de ralliement. La, grande surprise, on est sur un grand parking, il y a un nombre énorme de motos et quads, on doit faire la file pour le contrôle technique avant d’aller au parc fermé. Thomas me dira alors « je préfère quand on est 5 ou 6 au départ », ce que je comprends et partage comme point de vue. Mais bon, c’est bon enfant, ca discute dans tous les sens. Apparemment ma 701 ne laisse pas indifférent au milieu des motos typées enduro.

La file pour le contrôle administratif

Le contrôle technique et administratif passé, je vais garer ma moto dans le parc fermé avec les autres moto Enduro. La un marshall me dit de me mettre avec les gros trail. « Non non, je fais la balade Enduro et pas la Gros trail » lui dis-je. La je vois ses yeux s’écarquiller et il me balbutie un « Ok ». C’est la que j’aurais du me méfier en fait…

Le parc fermé

Le seul side enduro

Petit briefing de l’organisateur sur les règles de conduite à avoir, il précise bien que ce n’est pas une course mais une balade touristique à travers un domaine classé au Patrimoine mondial de l’UNESCO. Rien que ca !

Les départs sont donnés au compte goutte, les gros trails en premier (ils ne sont pas beaucoup, une vingtaine à tout péter), puis ce sont les Enduro, la il y en a un sacré paquet, plus d’une centaine, ils sont tous chaud comme la braise, quand les deux temps démarrent, un nuage de fumée bleue s’élève au dessus du parc fermé, à la sortie c’est le goulot d’étranglement. Et c’est la que la panique monte en moi, je me demande ce que je fous la surtout à 3 semaines du départ pour mon trip au Maroc, ca serait bète d’aller se blesser. Une petite voix me dit dans ma tête « On vas tous mourir ! ». Je reprends mes esprits, déconnecte le cerveau, je ne pense plus à rien qu’à essayer de sortir de ce parc fermé. Ca se passe plus ou moins de manière ordonnée, Xavier part dans un premier groupe, Thomas dans le suivant et moi dans un troisième, heureusement ils m’ont attendu un peu plus loin, on va pouvoir rouler ensemble.

Après 500 mètres de route, on monte à travers les vignes et rapidement la terre fait place au bitume. Le paysage est splendide, d’un coté on a une vue sur les vignes d’Epernay, de l’autre une vue sur le parc régional de la montagne de Reims et un défilé de motos avec ca et la de petits nuages de poussière.

C’est pour moi la première fois que je participe à ce genre d’événement et je vois clairement que je n’y ai pas ma place, je suis lent, je bouchonne tout le monde, comme je découvre la 701 en mode hors bitume, je n’ai pas encore mes repères donc j’ai la mauvaise position, je me crispe, bref je me fatigue plus vite. En plus le fait de trimbaler mes affaires sur l’arrière de la moto fait que lors de chaque passage de bosse mon sac vient me taper le fondement. Et pour ajouter à tout ce cafouillage, on ne ressent rien avec les bottes typées cross ce qui fait que soit j’appuie sur le frein arrière sans m’en rendre compte et du coup je pense que la moto a un problème vu qu’elle avance plus, soit j’appuie sans le vouloir sur le sélecteur et me retrouve au point mort et du coup ca n’avance plus non plus. En un mot comme en cent et pour paraphraser Marco : C’est ma technique qui est toute naze !. Qu’à cela ne tienne faut bien commencer un jour, ce jour c’est aujourd’hui, maintenant, je suis en plein dedans, donc je continue.

Thomas et Xavier ont la bonne idée de m’attendre régulièrement histoire que j’arrive à faire quelques mètres avec eux avant de les voir partir petit à petit. Je me demandais à quoi servait les deux jarres dans la camionnette, je crois que c’est la qu’ils ont posé leur cerveau pour la journée 🙂

Le parcours nous fait quitter les vignes momentanément pour rentrer en forêt et inaugurer les premières flaques de boue. Mon expérience du gras est quasi nulle, un seul beau bout de chemin en Aveyron lors de mon stage avec Air-Globe et sur une machine de plus de 250 kilos. Avec ma sauterelle qui fait au bas mot 100 kilos de moins ca devrait être un jeu d’enfant, debout sur les pose-pieds, un peu d’élan, un filet de gaz, regard au loin et…. ca passe crème non sans avoir fait un poil d’huile quand même 🙂 Allez on continue dans la forêt. Régulièrement je me fais dépasser par ceux que je bouchonne copieusement. Je m’en fou, on a dit que c’était une balade touristique, et bien moi je touristisme.

Le chemin forestier est bien large et recouvert de feuille, les enduristes sont bien disciplinés car vu le nombre de motos qui est déjà passé, on ne voit qu’une seule trace. Comme je suis aussi bien discipliné, je suis la trace. Tiens un arbre couché au milieu du chemin, il est pas épais mais assez pour me demander pourquoi les orgas l’ont pas découpé et viré du chemin. Apparemment ca ne gène personne, ben j’y vais alors, en mode super lopette mais ca passe. Plus loin un deuxième arbre un poil plus gros, donc je le passe un poil plus lopette, sauf qu’une fois passé la moto cale, je suis arrêté et je sens un choc venant de l’arrière. Le suivant venait de me rentrer dedans. Et quand je suis pas la, il fait comment pour s’arrêter le gars ? Bon pas de chute ni pour moi ni pour l’autre donc on repart. Chemin faisant, ce sont les cohortes de quads qui me dépassent, bien ca veut dire que dans pas longtemps je serais le dernier, je pourrais rouler plus sereinement (si c’est encore possible). J’arrive à un attroupement, Thomas et Xavier m’attendent, je me range sur le coté pour laisser passer des plus pressés que moi. Mais pourquoi ca bouchonne ? Ah bah oui, c’est un changement de direction et le milieu du « carrefour » n’est un superbe bourbier bien mou limite liquide, donc ca passe au compte goutte.

Pour les quads ca semble n’être qu’une formalité, pour moi c’est in surmontable et je cherche une échappatoire. Comme il est STRICTEMENT interdit de sortir du chemin, pas question de couper le carrefour, donc il faut que je passe dedans, mais en contournant au maximum le gros de la fosse à boue. Mes pneus sont complètement replis de terre et de boue, du coup j’ai l’impression de rouler sur du verglas, je ne maîtrise plus la moto, le moindre coup de gaz et ca part en c*uille. La pression monte, l’énervement aussi, la fatigue commence à se faire sentir, je suis essoufflé. Je me pose sur le coté pour reprendre mes esprits et me calmer, des marshalls s’arrêtent à coté de moi et me demandent si ca va. Je dis que oui même si c’est pas tout à fait vrai. Allez hop je repars pour aborder une descente avec mes pneus encore complètement bourrés de terre, ca va être rock&roll, j’entends Thomas qui me dit de me laisser descendre au frein moteur via le talkie walkie. J’arrive en bas, on sors de la forêt, je me repose sur le coté avec Thomas qui m’attendait. Il en profite pour me faire un petit cours accéléré sur comment débourrer ses pneus, la vitesse mini, la position sur la moto, bref pleins d’information qui entrent d’un coup dans mon cerveau mais qui ne sont pas toutes assimilées d’un coup.

La balade continue à travers les vignes, longeant la forêt voir sur des chemins au milieu de champs. C’est sur l’un de ces chemins recouvert d’herbe qu’une flaque de boue se profile, il y a des quads qui passent à gauche, moi je passe à droite, l’herbe est humide, j’arrive dans la boue, je pense être passé et donc j’accélère pour débourrer mais apparemment l’arrière était toujours dans le gras et zouip bom fait le 701. Je suis coincé sous la moto, juste le temps de l’éteindre avec le coupe circuit que quelqu’un la relève et la pose sur le coté (merci à lui). Pas de bobo, l’équipement que j’avais prévu pour le Maroc fait bien son office. On laisse passer les quads et nous repartons avec mes deux compères de thalasso. Les bains de boue c’est bon pour la peau il parait. On sort des champs et on retrouve les vignes. J’ai un soucis avec la moto, plus moyen de passer la troisième, la première et la deuxième passent mais pas les autres. Petit arrêt pour constater que le sélecteur est un peu plié et frotte contre le carter. Thomas prend en charge les opération de redressage avec mes démontes pneus tout neuf. Thomas en profite aussi pour rebrancher le tuyau du débit mètre qui s’était déconnecté, me règle la suspension avant et 5 minutes plus tard on est prêt à repartir. Je remets le casque et….beuark il est complètement trempé de sueur, on a pas idée comme on sue tant qu’on est dedans mais une fois que le casque est un peu refroidi on le sent tout de suite.

Lors d’une balade, il y a une règle d’or à respecter, on ne part pas sans avoir fait le plein. Ben moi, j’avais pas le plein ! Pire, j’avais déjà les 200 km depuis la frontière luxo jusqu’à l’hôtel plus les 30 km de balade. Et le voyant de réserve s’était allumé +- 5 km après le début. On se met donc en quête d’une station, ca tombe bien il y en a une à 2 km qui est déjà bien bondée par d’autres enduristes. On en profite pour découvrir ce qu’il y a dans l’énorme sac de victuailles fourni par l’organisation et de casser une petite graine. Le plein fait on repart pour vite rejoindre la forêt par un chemin un peu défoncé en montée. Thomas me donne par talkie les conseils pour aborder ce genre de difficulté, je comprends à peine la moitier, mais c’est pas grave, j’aime bien ca et me lance, passe cette montée sans problème. Au dessus je m’arrête car j’ai une crampe dans le pouce gauche, il se plie et ne veux plus se déplier, je dois le faire en l’appuyant sur l’autre main, ca le fera quelques fois avant de s’estomper. On repart pour trouver un coin de forêt pour piqueniquer, on sera accompagner des deux marshalls qui m’avaient déjà attendu précédemment.

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Après sustentations, on repart dans cette forêt qui s’avérera être un enfer pour moi, c’est bourbier sur chemins glissants, à un moment j’ai même fait un refus d’obstacle, je me suis arrêté à deux doigts de tout planter la tellement j’étais claqué et j’en avais marre de toute cette boue. Mais comme je me suis engagé dans ce m*rdier tout seul, je me dois d’en sortir tout seul et donc comme dirait Anne Roumanof « calme toi Bernadette, Bernadette calme toi », je redescends un peu en énervement et tension et repars pour le bourbier suivant. Chaque passage devient une épreuve, je n’ai plus aucune force, je suis essoufflé. Heureusement j’ai le camlbak pour me réhydrater régulièrement.

J’arrive à un ènième bourbier, je retrouve Thomas sur le coté et Xavier gisant en plein dedans. Ah ! Lui aussi a utilisé son ticket thalasso, il va avoir la peau plus douce maintenant 🙂 Pas de bobo non plus, à peine la moto relevée, qu’on repars tous ensemble…. pour quelques mètres bien sur. A un moment j’entends dans le talkie Thomas qui crie « Ca y est on sort de la forêt ! C’est fini ! ». Effectivement, sorti de la forêt on se retrouve sur du chemins secs au milieu des champs.

Malgré la fatigue, je commence à trouver mes marques sur la moto, je suis un peu plus à l’aise, en plus le règlage suspatte fait précédemment par Thomas la rend plus tapis volant, du coup sur ce type de chemin, mes deux compères ne me mettent plus un boulevard, juste une petite avenue 🙂 Il est +-13h30, je suis au bout de ma vie comme disent les jeunes, j’ai encore la route du retour vers le Luxembourg donc je décide de rejoindre la première route goudronnée et de rentrer. Mais c’était sans compter sur Thomas qui me dit « Allez encore un peu de chemin sec ? ». L’appel du chemin étant le plus fort j’ai craqué pour encore 1 ou 2 km. Puis ce fut des adieux déchirants, avant de rentrer d’abord à Epernay récupérer la caution et puis vers le Luxembourg par les petites routes (quasi les mêmes que la veille).

Une fois à la maison, j’ai juste eu le temps de retirer les sacs de la moto, que quelques gouttes tombent sur la selle de la 701. Timing parfait et week-end parfait !

Merci au moto club d’Epernay pour l’organisation de cette belle balade, l’an prochain je reviens avec une condition physique de rechange 🙂

Merci à Thomas et Xavier pour l’accompagnement du boulet que je suis. On remet ca quand vous voulez 🙂


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