Retour sur la Vercingetorix… - MotoTrail - Retour sur la Vercingetorix…

Retour sur la Vercingetorix…

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Si je reviens un an en arrière, l’histoire ne s’était pas trop bien terminée, un mauvais tout droit à 40 bornes de l’arrivée des 3 jours, stoppé net par une tranchée cachée dans les hautes herbes, m’avait valu le surnom d’Hervé Méoni par le petit Morgan Govignon, gentil sauveur du pilote esquinté et de sa katoche enfouie.

La moto n’a quasiment rien eu (2 spis de fourche et quelques griffures), en revanche j’ai salement dégusté, et les mois suivants ont été difficiles, du fait du cumul des gros bobos.

Fonte musculaire, sevrage des drogues, rééducation, reprise du taf à mi temps et ensuite à plein temps, en deux mots, se reconstruire

Je n’ai malgré tout pas perdu mon temps, et je me suis monté la moto « rallye replica » dont j’avais très envie.
J’ai le temps d’aller sur les forums, de me faire le goût, merci ternet pour ce benchmark mondial.

Chez Rade garage (TCH) je trouve la tour et le sabot, chez RS concept (US) la selle, repose pieds foot pegs (AUS), pontets katoche (AUT), hauteur rabaissée de 25 mm (US) ( je me mettrai moins la tronche par terre lors des demi tours et serai plus à l’aise dans le trialisant), thermostat spécial (GB), garde boue de 950 adventure (GB), porte bagage sur mesure « TTroncsounet Factory Racing Department » (Do Lemuzi), elle a une jolie p’tite gueule et je n’ai pas perdu mon temps, d’autant plus que j’ai trouvé sur la baie des kits stickers pour faire rassinge.

Elle portera le # 23 !

Elle est magnifique dans le garage et je peux regarder la grande duduche de Lyndon poskitt me montrer comment on roule (très fort) en malle dakar et faire 2 …
Début janvier.

Ouverture des inscriptions Vercingétorix,

Pierre (Danette) et Thierry (La Merguez) percutent … complet en moins d’une journée!

Je ne sais plus trop comment ils ont raccroché à l’aventure, mais je les sens motivés au delà de la discussion de comptoir.
Marrant, trois pistards dans le monde du trail .

Danette bosse sur son projet « lévrier noir façon husqy des 70’ », une nouvelle vie pour sa R100GS.

Et notre Merguez pense, un de ces quatre, sortir le DR de dessous les escaliers qui, de toutes façons bande de moules, est nickel de chez nickel depuis qu’il a tapé un rocher au Maroc 15 ans auparavant …

L’hiver passe, et pour éviter les erreurs de pilotage du passé, je m’inscris à un stage de 2 jours dans un centre TT à la Ferté Gaucher.

Stage essentiellement orienté 1200GS, je ne suis pas dedans, et j’ai peur de me faire mal à rouler trop lentement dans les bourbiers, je me casse au bout d’une journée.
La bonne nouvelle c’est que tout ce que j’ai monté sur la machine est validé et apporte le « plus » prévu.

Fin avril

Je récupère ma 1100 scrambler chez Gérard, et je passe boire un jus chez Danette histoire de faire quelque bornes.
Le lévrier noir est maintenant de couleur bordeaux, et très abouti pour le TT.
TKC 80, GB enduro, guidon TT, ergonomie travaillée et adaptée à la taille de Pierre, quelques détails à peaufiner, mais elle a une bonne gueule de dirt bike des années 70’

La DR … toujours sous l’escalier .

Début mai.

J’enchaine avec l’Aveyron tour. 3 jours de TT sous l’égide de David Frétigné. Moi qui pensait faire une balade touristique dans les petits chemins de l’Aveyron, j’ai été servi.

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On est dans de l’enduro soft, et encore ce n’était pas trop gras, sinon c’était pas la même .

Une seule boite lors d’un demi tour mal géré, mais le reste fut grandiose pour un newbie comme moi en TT. Encadré par 2 potes adorables mais qui ont un vrai niveau, j’ai suivi, ne faisant pas la trace, et j’ai appris.

Je suis encore étonné d’être passé. J’ai eu des soucis de résistance physique, mais au vu d’où je viens, spa trop mal.

Du coup, la #23 devient la #78 !

Je suis aussi rassuré pour la Vercingétorix qui présente un niveau technique plus faible.

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Début juin.

L’épave, euh, la DR sort au grand jour, et c’est chef d’œuvre en péril, voire « il faut sauver le soldat DR » …
Gros travail de réhabilitation, carbus, transmission, freins, vidange etc … bref tout reprendre.

Pendant qu’on bosse a remettre ça en ordre, La Merguez pose ses autocollants rassinge … Essentiel J)

Mi juin.

Check des équipements, Pierre et La Merguez ont récupéré mes casques Bell que je ne peux plus porter, Pierre a fait ses courses chez Rev’it, et la merguez nous sort l’habit de lumière zavatta, paire de sidi enduro neuves, pantalons cross à damiers,

on va avoir le plus bel équipage de tout les temps !

Les pneus du DR ne sont toujours pas arrivés …

2 jours du départ …

Les pneus sont arrivés, la DR roule pas très droit, boite difficile, la Merguez jette l’éponge.
Il fera la Vercingetorix avec la 1200 GS Urban Gaston Rahier replica …. Là c’est sur qu’on va obtenir une coupe !

J-1

On fait la route de conserve jusqu’à la chambre d’Hôte. Nicolas fait la route et l’assistance, ça m’aide beaucoup, je n’ai pas beaucoup de jus, et l’énergie s’évanouie dés qu’il fait chaud.

On débarque les motos chez nos adorables hôtes.

La merguez est un poil moins affable qu’a son habitude, pression !!!

Repas sympa et dodo, demain c’est D-Day.

D-Day

Rassemblement sur le quai de Lavoute- Chilhac, inscription, bisous aux copains, la tafiole team, Jean Marie et les autres…

Emballé c’est pesé, notre Merguez retrouve sa verve, mais il quand même joué soft en termes de look : veux pantalon cross et petit blouson en cuir bleu helston vintage … une vraie pépette !

J’installe le tripy sur la katoche et file mon masque transparent à La Merguez qui avait prévu un masque teinté noir, pratique pour le look rassinge, mais pour la vision dans les sous bois poussiéreux à l’ombre …

Nico prend la direction du bivouac prés du Puy en Velay avec le bardas pour 5 motos, et, départ pour la première boucle de 208 km.
Je fais la trace avec le tripy, génial et facile à lire, la difficulté étant de piloter en ambiance rugueuse et d’anticiper les changements de direction sans croiser les skis et finir par terre.

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Nous avons choisi la trace la plus facile « aventure », aucune difficulté si ce n’est de ne pas se faire piéger. La Merguez est collé à l’aspi de la katoche, si bien qu’a chaque changement de trace, il manque de me couper en deux (ça va durer 3 jours comme ça !). On a beau lui expliquer que ce n’est pas une course, mais rien n’y fait.

C’est une première pour Pierre, et je crois qu’il prend vraiment beaucoup de plaisir. La béhème est bien née et il est vraiment à l’aise. Il roule très propre, et enroule bien les passages techniques sur le couple. Il roule dernier et bouffe en permanence le nuage poussiéreux des 2 autres machines, c’est pas le plus confortable …

Pause repas et ca repart. Température aux alentour de 20°, parfaite pour rouler sans (trop) fatiguer. Les pistes dans les sapinières sont justes fabuleuses, et une belle montée un poil copieuse nous fera attendre la GS de La Merguez couchée dans une ornière sans bobo. Danette en bon samaritain descend à sa rencontre, moi je commence à être cuit et me repose à l’ombre.

La katoche est une vraie danseuse qui demande attention de par sa vivacité, mais quel outil fabuleux, aussi à l’aise dans le technique que dans le roulant …il faut juste ne pas s’emballer et savoir quoi lui demander !

16.30. on a fait environ 170 bornes et on commence tous à accuser le coup.

Cap sur le bivouac.

On y retrouve Nicolas qui va s’emmerder un peu pendant 2 jours faute de petits copains de jeu, le repos, les douches, l’ambiance trail plutôt très sympa dans l’ensemble. On peut laisser ses téléphones et tripy charger toute la nuit dans la salle sans vols à déplorer. Sur un rassemblement de 200 personnes, c’est à noter.

Check des motos, RAS à part le spi droit de fourche de Danette qui a laché.
Je graisse avec l’aide de Nico la chaine de la katoche.

Jour 2

Nuit froide en auvergne, sommeil quasi réparateur et pré-grille pour le départ avec notre Merguez qui n’arrête pas de faire le buzz avec sa réplica. On jardine pour le carburant et on bouffe une heure.

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On jardine aussi un poil pour trouver la piste de départ et tout rentre vite dans l’ordre.
Reprise des belles pistes très roulantes au milieu d’éoliennes, le parcours routier qui alterne et aussi très sympa.

Je commence à souffrir d’hypoglycémie récurrentes et j’essaie de gérer ce problème toute les 2 heures à coups de barres vitaminées. J’ai pas envie de subir la moto, mais c’est un poil chiant à vivre pour moi et les autres, d’autant plus que je me régale vraiment en étant toujours prudent.

Pause repas dans le bled que nous trouvons, un estaminet minable que je suis bien le seul à trouver convenable tellement j’ai besoin de manger..
Pierre me propose de faire la trace pour me « reposer » un peu et on passe encore dans des pistes publiques et des chemins communaux magiques, on croise peu de promeneurs et juste une cavalière.

Petit gués suivis de belle montées sans élan, monotraces dans l’herbe le long des barbelés, « single » le long de beaux blocs volcaniques, descentes pierreuses avec virages en épingles dans la pierrailles, un régal.

La merguez trouvait qu’on se trainait.l’an prochain, on décidé de lui laisser faire la trace …
Mes deux heures d’autonomie sont brulées, on a fait 170 bornes, je joue safe et rentre au bivouac.
Danette et La Merguez continuent la boucle et passent par les fameux deux viaducs de 150 m de hauteur sans rambardes qui laissent un souvenir lors du passage, faut pas éternuer !

On les retrouve le soir fourbus, poussiéreux, mais visiblement heureux d’un bon moment de moto.
Je suis un peu frustré, mais je me dis que j’ai joué la sécurité.

Jour 3

Rangement du camp et retour sur lavoute Chilhac.

J’ai dormi mais je fonctionne au ralenti, j’ai les boules d’être dans cet état. J’ai vraiment envie de faire cette rando, mais je me sens lessivé. Nico me file un vrai coup de main et s’occupe de ranger mes affaires, ce qui me permet d’avoir un peu plus de temps pour émerger. 1 h plus tard, ca fonctionne à peu près a grands coup de barres céréales et pâtes de fruits.

Les pleins sont faits depuis la veille et zou on enquille.

30 bornes du départ, un joli petit viaduc sans rambardes compense ma frustration de la veille !

Les pistes sont roulantes et l’énergie est enfin retrouvée, j’en profite pour me régaler avec ma machine et mettre un peu de rythme.

La katoche est un régal, quelques passages gadouilleux sont avalés là où d’autres participants ont fait demi tour (hé hé hé !!!)

Mes compères se calent sur la katoche pour juger de la profondeur de la bouillasse mais c’est sans problème.

On croise Laurent Cochet et son scrambler sur une de ces pistes et on fait une pause dans une belle sapinière pour bouffer des barres vitaminées.

Carrefour des traces aventure et extrême de la rando, on croise un gars en 500 XLR et 2 gars en XT.

On papote le gars en XLR cale, galère au kick, envisage la poussette, et s’en met une en essayant. Il reste prostré, pas en bonne forme, un gars en 1200GS arrive et sort une pharmacie de sa sacoche. Il est toubib, soigne le mec qui vient sans doute de se faire une cote (j’ai le niveau expert !), pendant que ses potes se font un sandwich en hésitant entre le pâté et le saucisson.

Je lui indique la procédure de retour rapide au tripy, et on l’abandonne avec ses potes à son sort.
On sort de la piste pour une route avec une série de virages.

2 KM plus loin une Africa twin dans le fossé, et mec allongé, entouré par ses potes, pompiers en intervention.
Il commence a y avoir de la casse, il est temps de s’arrêter.

On a fait 100 bornes sur les 200 de l’étape.

On trouve la seule boulangerie-bar ouverte le dimanche dans le bled, prise d’assaut par la horde affamée.
On se retrouve a dévorer le meilleur jambon beurre de l’auvergne en compagnie de Laurent Cochet, qui est un gars plutôt agréable et très sympa.

A partir de là j’ai plus de jus et je coupe pour rentrer par la route, pas vraiment glorieux, mais je me dis que c’est quand même mieux que l’hélico de l’an passé, et qu’un an après tout ces emmerdes, c’est pas si mal …

Les deux compères finissent l’étape en champions et tout le monde sera safe le soir, sous la tente du repas de clôture.
Je reviens un peu sur l’événement et l’organisation. Si comme d’habitude, le travail de Yann est remarquable, l’hébergement n’était pas à la hauteur en termes de restauration, d’autant plus que l’inscription, le prix de l’accompagnateur et la location du tripy ont augmentés sensiblement et que ça commence à être un événement cher.

Ceci étant dit, Je crois que tout le monde a passé un bon moment de moto …

RV


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